Devant l'importance des photos à télécharger cela peut prendre un peu de temps en fonction des sujets et je vous demande de bien vouloir patienter?

Bellegarde est un petit village entre Nîmes et Arles.
En 1947, il a vu naître Claude NOYER, surnommé Coco.

A l’âge de 17 ans, Coco passait les étés aux Saintes Maries de la mer.
Bien que passionné par la photo, il travaillait comme barman.

C’est à cette époque qu’il commença à côtoyer les Gitans qui, par la suite, sont devenus ses amis.
Ces derniers, véritables nomades régionaux, passaient une partie de l’été aux Saintes Maries de la mer.
Ils n’avaient pas le droit de rester plus d’une quinzaine de jours sur le territoire de la commune. Donc, ils repartaient au moins une nuit à Arles, à Saint Gilles ou vers toutes autres destinations hors des Saintes Maries et Ils revenaient à leur convenance un ou plusieurs jours plus tard.

Grâce aux nombreux touristes, les femmes gagnaient leur vie en lisant les lignes de la main et en vendant des médailles de Sainte Sarah.

A cette époque, leur campement se trouvait à l’extérieur du village.

Tous les matins, les hommes déposaient leurs femmes en voiture devant l’église où elles pratiquaient leur commerce toute la journée.

Les hommes les attendaient dans les bars, et c’est là que Coco avait souvent l’occasion de les servir. 
Le soir, lorsqu’elles avaient terminé leur journée, les femmes, accompagnées de leurs enfants, rejoignaient leurs maris au bar et Coco les servait elles aussi.
Des affinités amicales et réciproques se créèrent progressivement au point qu’un jour, bien que le fait soit rare, le «Gadjé» Coco fut invité par une Gitane nommée Valentine.

Elle lui annonça : «Demain, c’est l’anniversaire de mon fils, viens avec nous faire la fête au campement» !
Coco s’y rendit, et Il fut accepté dans cette communauté !

Il connaissait déjà toutes ses familles qui continuèrent à l’inviter à l’occasion de chaque anniversaire. Les fêtes avaient lieu pratiquement toutes les semaines car ils avaient tous un grand nombre d’enfants !
A chaque occasion, grâce à sa passion pour la photo, Coco immortalisait tous ces moments magiques.

Il faisait uniquement des diapositives qu’il n’avait pas forcement le temps de voir lorsqu’elles étaient développées. Cependant, les images étaient à jamais gravées dans sa tête et il savait qu’il pourrait les regarder un jour.
Pendant pratiquement treize années de 1969 à 1982, Coco côtoya régulièrement cette communauté Gitane tout en leur faisant plus d’un millier de photos !

Tous les matins, en se rendant sur cette place de l’église, les Gitanes allaient y gagner leur vie et passaient devant la boutique de Coco.

Bien souvent, leurs enfants souhaitaient rester devant la boutique de Coco, certains le connaissaient fort bien et Coco donnait toujours son accord.
Presque tous les jours, il se retrouvait avec deux ou trois jeunes Gitans qui l’accompagnaient une grande partie de la journée et ils ne se rendaient même pas compte qu’ils étaient régulièrement photographiés par Coco.
En 1983 après avoir divorcé, Coco qui avait une autre compagne, prit la décision de s’expatrier aux Antilles où il alla créer une autre boutique de photographie.
De ce fait, il coupa le fil conducteur avec cette communauté.
Il déménagea en Guadeloupe, emportant avec lui toutes ses diapositives.
Une très grande partie d’entre elles n’avaient même pas été vues.
A son arrivée en Guadeloupe, il les rangea dans le garage de sa maison aux Antilles.
En 2007, Coco vendit ses affaires professionnelles en Guadeloupe et prit sa retraite !
Après un petit séjour au Canada, Coco rentra en Guadeloupe et visionna la totalité des photos prises entre trente et quarante ans plus tôt aux Saintes Maries de la mer et il allait découvrir tous les thèmes qu’il avait photographiés :
La Communauté Gitane, les Nus, le Maroc, la Thaïlande, la Polynésie, les chevaux de Camargue, les Abrivado, les flamants roses, les combats de coqs …
Lorsqu’il ouvrit la première boîte de diapositives, il fut interloqué !

Il n’y avait rien de visible sur ses photos, elles étaient toutes recouvertes de moisissure et de toutes sortes de champignons miniatures et d’impuretés, à tel point que sa première pensée fut qu’elles allaient toutes partir à la décharge publique !
Mais il envisagea de nettoyer délicatement quelques diapositives avec un pinceau sec, puis de les scanner en haute définition pour pouvoir les agrandir et retoucher pixel par pixel toutes les détériorations qu’il pourrait y avoir sur la gélatine des photos.
Le résultat était concluant, mais la définition des fichiers scannés n’était pas suffisante, et Coco trouva un scanner Epson à prix très raisonnable avec la possibilité de faire des scans de ses diapositives 24x36 pouvant dépasser si nécessaire les 350 Mo pour des tirages de plus de 1,80 mètre de large.
Il entreprit le scan de plus de dix mille diapositives puis la restauration pixel par pixel lorsque cela était nécessaire, cela lui prit plus de trois années à raison de pratiquement douze heures par jour, dimanches et jours de fêtes compris.

Après trois ans de restauration, Coco eut l’occasion d’acheter une maison dans Arles pour y vivre.
Cette maison disposait d’une très belle cave, d’un rez-de-chaussée et de trois étages.

Il choisit la cave, le rez-de-chaussée et une partie du premier étage pour en faire des espaces d’expositions.
En 2013, il y exposa pour la première fois des photos en noir et blanc de ses amis les Gitans.
Un jour son ami Caloun s’y présenta avec ses enfants, et cela fut un très grand moment pour lui !
Caloun avait certainement oublié qu’à l’époque Coco avait fait beaucoup de photos de sa communauté et des photos de ses parents, ses grands-parents, ses oncles et ses tantes, faisant en sorte qu’entre les photos exposé dans la galerie et ses enfant et petits enfant avec lui dans la galerie, il y avait 5 générations de sa famille dans galerie !
En regardant toutes ses photos avec ses propres enfants qui étaient nés alors que leurs ancêtres n’étaient plus de ce monde, Caloun réalisa les yeux emplis de larmes et de bonheur à la fois que ses enfants n’avaient pas connu leurs grands-parents et encore moins leurs arrière-grands-parents.
Il leur imposa de faire silence et de l’écouter, car il avait des choses importantes à leur dire.
Caloun leur présenta ses parents, ses grands-parents, ses oncles et ses tantes au travers d’anecdote et se fut un moment très poignant pour les deux hommes.
Coco prit conscience qu’il détenait avec ses photos la mémoire de toute cette communauté !
Depuis, avec la complicité de Caloun, Coco a enregistré dans les métadonnées des fichiers qu’il avait numérisés, la totalité des personnes reconnues par Caloun et affichées au-dessous de chaque photo.
Actuellement, Coco est à la recherche d’une fondation, d’un musée ou d’un organisme d’état à qui il est prêt à faire une donation testamentaire de ses archives afin de pérenniser cette mémoire.
A ce jours cela a été réalisé et vont être exposés dans 3 musés Français !
Claude NOYER

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